Et tu n'es pas revenu







Editions : Grasset
Auteur : Marceline Loridan-Ivens avec Judith Perrignon
Pages : 112

Bilan : Une histoire, un père, la guerre, une reconstruction, une lettre ...








"J’ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l’ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres. Il y en eut de beaux tout de même. T’écrire m’a fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui m’enserre le cœur. Je voudrais fuir l’histoire du monde, du siècle, revenir à la mienne, celle de Shloïme et sa chère petite fille."
M.L.-I.

Ce roman poignant est celui de Marceline, qui parle à son père. Déportée à l’âge de 15 ans, Marceline va survivre à l’enfer du camp de Birkenau. Son père a lui aussi été déporté, à 3km d’elle, à Auschwitz.
Soixante-dix ans après, Marceline raconte.
Elle raconte à son père ces mois de déportation.
Elle raconte les souvenirs qu’elle en a, la dureté de la vie dans les camps, mais elle raconte aussi et surtout ce qui l’a fait tenir : lui. Lui son père qui lui a fait promettre de ne pas flancher et de rentrer chez eux, de survivre.
Elle raconte la réception de la petite missive qu’il lui a envoyée, elle en a oublié le contenu, mais elle se souvient de toute la volonté que ce mot lui avait donnée.
Elle raconte l’horreur de cette vie prisonnière, les chambres à gaz, la mort partout.
Elle raconte également la fin de la guerre et son retour, la vie qui reprend son cours, mais elle qui ne sait comment avancer, car lui n’est pas revenu. Il lui avait pourtant dit lorsqu’ils étaient à Drancy : « Toi, tu reviendras peut- être parce que tu es jeune, moi je ne reviendrai pas », il avait raison.
Elle raconte la dislocation de sa famille, ayant perdu un membre central, ayant perdu le père. L’incompréhension ce qu’elle a vécu par ses plus proches parents.
Enfin, elle raconte sa reconstruction, son retour à la vie, sa lutte pour vivre, ses traumatismes qui ne cesseront de la hanter.

C’est un ouvrage plein de sentiments qui se mêlent, entre l’amour, la peur, la tristesse, l’espoir … Loin de ne parler que de la déportation, l’œuvre nous immisce dans le bouleversement de la vie de cette jeune fille de 15 ans qui grandit pour son père, parce qu’elle le lui a promis.

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